À retenir
- La capitale et sa baie au nord-ouest, Reykjanes au sud, Snaefellsnes tout au bout de l'horizon.
- Montagnes tabulaires : des éruptions qui se sont produites sous la glace.
- Il s'agit d'un haut plateau de l'Atlantique Nord. Les nuages s'y forment régulièrement.
- Arriver devant un trou clôturé surgissant du néant blanc a quelque chose de particulier.
Ce qui se trouve réellement là-bas
Le cratère se trouve sur un plateau de lave dégagé, sans rien de haut entre lui et la majeure partie du sud-ouest de l'Islande. Par temps clair, le bord offre donc une vue exceptionnellement vaste pour un site aussi facile d'accès.
Au nord-ouest se trouvent Reykjavik et la baie au bord de laquelle la ville s'étend, basses et pâles à la lisière de la plaine, avec les montagnes en arrière-plan. C'est une vue étrange sur une capitale : d'ici, elle se résume à une fine bande de bâtiments face à une grande étendue d'eau et de roche, ce qui décrit assez bien l'endroit.
Au sud et à l'ouest s'étend la péninsule de Reykjanes, qui avance vers l'aéroport et la mer. C'est le paysage le plus plat, le plus noir et le plus manifestement volcanique du pays. De cette hauteur, ses champs de lave apparaissent comme des coulées distinctes plutôt que comme une plaine uniforme.
Et tout au bout de l'horizon au nord-ouest, lorsque l'air est vraiment limpide, se trouve Snaefellsnes : une longue péninsule terminée par un volcan couronné d'un glacier, à bien plus de cent kilomètres de distance. L'apercevoir est le signe d'une journée exceptionnelle, pas simplement d'une bonne journée.
Les montagnes aux sommets plats
L'élément le plus caractéristique de la ligne d'horizon, dans plusieurs directions, est une forme montagneuse qui ne ressemble pas du tout à un volcan : des versants escarpés s'élevant jusqu'à un sommet brusquement plat, comme une table ou une miche de pain.
Ce sont des montagnes tabulaires, parmi les reliefs les plus caractéristiques de l'Islande. Chacune est le résultat d'une éruption qui s'est produite sous une calotte glaciaire pendant une période glaciaire. L'eau de fonte et la glace ont contenu la lave, l'empêchant de s'étaler ; celle-ci s'est donc accumulée en pente raide avant de se figer en roches fragmentaires. Si l'éruption a duré assez longtemps pour percer le sommet de la glace, les dernières coulées se sont étalées à plat sur sa surface.
Lorsque la glace s'est retirée, il est resté une montagne aux versants escarpés et au sommet plat, dominant un paysage qui avait été recouvert par un kilomètre de glacier.
Une fois que vous savez ce que c'est, vous en voyez partout dans cette partie de l'Islande. En observer une depuis le bord d'un cratère dans lequel vous allez être descendu est une leçon condensée sur ce qu'est l'île.
La plaine de lave depuis le bord, les montagnes à l'horizon
À quelle fréquence pouvez-vous réellement en profiter ?
Moins souvent que ne le laissent penser les photos, et cela mérite d'être dit clairement plutôt que de vous laisser le découvrir sur place.
Le cratère se trouve sur un haut plateau exposé, à une demi-heure de la côte dans l'Atlantique Nord. Les nuages s'y forment facilement, y restent durablement et n'ont pratiquement aucun rapport avec le temps qu'il fait à Reykjavik. Il est tout à fait normal que la ville soit baignée de soleil tandis que le plateau soit plongé dans un brouillard si épais que les trois cônes soient invisibles à quelques centaines de mètres.
Le prestataire le dit sans détour, et les avis reprennent cet avertissement plus souvent que tout autre élément de la journée.
Considérez donc la vue comme un bonus, et non comme un élément de ce que vous avez réservé. Ce que vous avez réservé se trouve sous terre et n'est aucunement affecté par tout cela.
Le brouillard, qui mérite d'être là
Après vous avoir mis en garde, il vaut la peine de défendre le point de vue inverse, car les visiteurs qui ont eu du brouillard finissent souvent par le décrire avec plus de vivacité que ceux qui ont bénéficié du panorama.
Marcher pendant trois quarts d'heure à travers une plaine de mousse avec cinquante mètres de visibilité est une expérience véritablement étrange. Il n'y a ni horizon ni repère ; seulement le chemin, la personne devant vous et la mousse. Les cônes n'apparaissent que lorsque vous vous en approchez, et le cratère ne se révèle que lorsque vous êtes dessus.
Arriver devant un trou clôturé dans le sol, traversé par une passerelle métallique, au milieu d'un néant blanc, offre un spectacle plus saisissant qu'une arrivée sous le soleil. Il en va de même lorsque vous vous tenez sur la plateforme et regardez le brouillard et la lumière du jour se retirer ensemble.
Et derrière l'esthétique se cache un point très concret. La seule partie de cette journée que la météo ne peut affecter est précisément celle pour laquelle vous êtes venu. À cent vingt mètres sous terre, la salle est la même quelles que soient les conditions, ce qui est loin d'être le cas pour presque tout le reste d'un itinéraire en Islande.
Trois
Reykjavik et sa baie, la péninsule de Reykjanes et Snaefellsnes à l'horizon par une journée exceptionnelle. Du brouillard la plupart des jours ordinaires.
Quand les chances sont les meilleures
Aucun mois ne garantit quoi que ce soit, mais les probabilités ne sont pas les mêmes toute l'année. Les journées stables sous l'effet d'un anticyclone offrent les meilleures chances et sont plus fréquentes au début de la saison qu'à l'une ou l'autre de ses extrémités.
L'heure de la journée compte moins ici que dans les montagnes à proprement parler, même si les départs matinaux bénéficient plus souvent d'un air dégagé, avant que la journée n'ait eu le temps de former des nuages au-dessus du plateau.
Le conseil le plus utile est de regarder le ciel en quittant Reykjavik, puis de ne plus vous en préoccuper. La corrélation entre le temps en ville et celui du plateau est suffisamment faible pour que toute prévision de l'un à partir de l'autre soit presque inutile, et la randonnée aura lieu dans tous les cas.
