À retenir
- Le magma perd de la chaleur, cristallise et devient de la roche solide. C'est l'issue habituelle.
- Le magma s'est retiré, laissant les parois debout et le plafond intact.
- Vers le bas lorsque la pression a diminué, ou latéralement dans des fractures. Le mécanisme n'est pas établi.
- Ce n'est ni un tunnel de lave ni une grotte. C'est le réservoir lui-même.
Ce qui arrive normalement à une chambre magmatique
Une chambre magmatique est une masse de roche en fusion stockée dans la croûte terrestre sous un volcan. Ce n'est pas une caverne remplie de liquide, comme le suggèrent les schémas pour enfants, mais plutôt une bouillie chaude, partiellement cristallisée, qui occupe un espace dans la roche environnante. Lorsqu'une éruption se produit, une partie de cette matière s'échappe par le conduit volcanique.
La suite est presque toujours la même. Le magma restant est entouré d'une roche bien plus froide que lui, à laquelle il cède sa chaleur. En refroidissant, des cristaux commencent à se former et à grossir. La proportion de liquide diminue, la bouillie se rigidifie et, finalement, toute la masse se fige.
Le résultat est une intrusion : une masse de roche à gros grains, gabbro ou granite selon sa composition chimique, qui se trouve à l'emplacement de l'ancienne chambre. Les géologues en découvrent partout, mises à nu à la surface des millions d'années plus tard, après l'érosion du volcan qui les surplombait. Elles comptent parmi les objets les mieux étudiés de cette science.
Ce que personne ne découvre, en revanche, c'est une chambre dans laquelle on puisse se promener, car cet espace ne survit pas au refroidissement. C'est ce qui vaut à ce cratère sa place sur cette page.
Ce qui s'est passé ici
À Thrihnukagigur, le magma est parti avant de pouvoir se figer. La chambre s'est vidée, les parois sont restées debout et, surtout, le plafond ne s'est pas effondré dans le vide, qui est l'autre dénouement habituel de cette histoire.
La destination du magma est la question intéressante, et la réponse honnête est qu'elle n'est pas totalement établie. Deux hypothèses sont généralement avancées. La première est qu'il s'est retiré vers le bas : lorsque l'éruption a fait chuter la pression, la colonne de magma du conduit est redescendue vers un réservoir plus profond. La seconde est qu'il s'est déplacé latéralement, s'infiltrant dans les fractures de la roche environnante avant de s'y figer, hors de vue.
Ces deux hypothèses sont plausibles et ne s'excluent pas mutuellement. Ce que la chambre elle-même révèle, c'est seulement le départ du magma : des surfaces lisses sur les parois, là où la lave était en contact avant de ne plus l'être, des gouttes et des coulées figées sur place, et aucune masse solidifiée au fond.
Quiconque vous affirme avec certitude quel mécanisme a agi vous en dit plus que ce que l'on sait réellement. Cette incertitude n'est pas une faiblesse du récit. Qu'un espace aussi insolite ne soit pas entièrement expliqué est exactement ce à quoi l'on peut s'attendre.
Le plafond de la chambre se déployant au-dessus du sol couvert d'éboulis
Pourquoi le plafond est resté en place
Ce point mérite une attention particulière, car c'est sans doute la partie la plus improbable. Une chambre vide sous une montagne est une cavité surmontée de plusieurs centaines de milliers de tonnes de roche, et l'issue habituelle est l'effondrement.
Lorsque cela se produit à grande échelle, il en résulte une caldeira : le sol situé au-dessus d'une chambre vidée s'effondre, laissant une vaste dépression souvent prise à tort pour un cratère gigantesque. L'Islande en compte, comme toutes les grandes régions volcaniques du monde. Elles constituent la signature visible d'une chambre qui s'est vidée sans pouvoir se maintenir.
Ici, la géométrie et la résistance de la roche ont suffi. La chambre est relativement petite, son plafond est composé d'un basalte épais et sa forme répartit la charge au lieu de la concentrer. Quatre mille ans plus tard, il tient toujours, à l'exception des matériaux tombés sur le sol et formant l'amas de blocs sur lequel vous atterrissez.
Cet amas témoigne de la lente défaite du plafond et des parois. Très lente.
À quel point ce lieu est-il vraiment rare ?
Il convient d'employer avec prudence le mot unique, que la communication autour de ce lieu utilise volontiers. Les cavités vidées au sein de systèmes volcaniques ne sont pas inconnues : il en existe de petites en divers endroits, et les tunnels de lave, qui sont tout autre chose, sont fréquents.
Ce qui est véritablement sans équivalent, c'est la combinaison suivante : une chambre magmatique de cette taille, vidée plutôt que solidifiée, dotée d'un plafond stable, d'une ouverture accessible et située dans un pays prêt à y installer un ascenseur. Chacun de ces éléments, pris isolément, n'a rien d'exceptionnel. Les quatre réunis donnent le seul exemple visitable de la planète.
C'est aussi pourquoi l'excursion exige tant d'efforts : une saison courte, de petits groupes, une marche à l'aller comme au retour, et de l'attente. Ces contraintes ne relèvent pas d'une rareté artificielle. Elles sont nécessaires pour faire entrer des visiteurs dans une cavité vieille de quatre mille ans sans la dégrader.
Vidée
Presque toutes les chambres magmatiques finissent en roche solide. Celle-ci s'est vidée tout en conservant son plafond, et c'est cet accident qui rend toute l'excursion possible.
Ce que les géologues en retirent
Les scientifiques s'intéressaient à cette cavité bien avant les touristes, et ce n'est pas sans raison. Une chambre magmatique s'étudie habituellement de manière indirecte : soit sous la forme d'une intrusion, une masse solide mise au jour par l'érosion longtemps après que tout phénomène intéressant a cessé, soit à travers l'imagerie sismique et la chimie des matériaux éruptifs d'un volcan.
Ici, les parois sont accessibles. Vous pouvez vous tenir sur le sol d'une chambre de stockage et observer les surfaces qui étaient en contact avec le magma, dans un système dont les produits éruptifs reposent également sur le sol à l'extérieur. Cette combinaison est suffisamment rare pour avoir une grande valeur, et le panneau d'interprétation au cratère est attribué à deux géologues islandais plutôt qu'à un service marketing.
Ce que la chambre révèle le plus directement, c'est sa géométrie : la forme réelle d'un petit réservoir basaltique, son raccordement au conduit situé au-dessus et ses relations avec les fractures qui l'entourent. Ce sont des éléments que les modèles doivent supposer et que ce cratère montre tout simplement.
